La page du syndrome blanc !


Je m’assieds, je fixe la page blanche qui emplit l’écran, mon regard se perd dans ce vide interminable et insaisissable où l’imaginaire est possédé par l’angoisse de ne plus rebrousser chemin. Cette page m’a impressionné. Depuis quelques mois, elle continue à avoir le dernier mot. Elle m’a battu, nargué, s’est moquée de moi. Je suis incapable de pondre un seul morphème, aucun ! Je m’en veux tellement qu’avec une envie presque vindicative, me voilà essayant de forcer la moiteur de mes mains tremblant, éprises de l’angoisse de taper, repoussant brutalement le clavier, le dénigrant, et même le maltraitant. Lui, qui n’a jamais rien fait de mal sauf de transcrire mes délires et folies, mes raisons et soif de m’exprimer.

Le plus difficile étant fait, il ne me reste qu’à prendre le dessus.